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     Un dôme de poésie Puisque plus rien ne rentre à Gaza, à part les balles, les bombes, les chars. J'organise une attaque à mots armées, un djihad de syllabes, une rafale de phrases. Je plonge les lettres en périmètre d'insécurité, en territoire incendié. J'affole les renseignements généraux, j'active les mots-clés. J'envoie une écriture lourde par-dessus les silences, des colis de pensées, des palettes de rage. Les chars de Gédéon assécheront bientôt la rosée, mais les poètes de Gaza déposeront chaque nuit leurs larmes sur les ruines, inlassablement. Et les poètes du monde entier, s'ils existent encore, entendront les déflagrations du langage comme celles d'Alaa Al-Qatrawi née à Gaza en 1990, a qui l'armée israélienne interdit de chercher sa fille sous les décombres et qui hurle : « Donnez-lui mes poumons Peut-être s'est-elle étouffée sans eux peut-être n'a-t-elle pas pu crier mon nom ». Alaa Al-Qatrawi coupe le fil d'acier de...